Je m'appelle Faozia. Ma fille, Mastora étudie au centre de Qalei Wakil (centre d'Afghanistan Demain qui accueille les enfants travaillant dans la rue). J'ai étudié jusqu'au niveau 9 mais mon père ne m'a pas laissé continuer. Il m'a marié avec un homme illettré plus âgé que moi car il avait une situation économique très mauvaise et pleine de difficultés.
Sous le régime Taliban je travaillais à la maison et mon mari était sans emploi. J'achetais des vieux bidons d'huile et les ramenais à la maison. Je les lavais, en faisais des lampes ou des berceaux pour les vendre ensuite au bazar. L'argent gagné me servait à faire vivre ma famille.
Des gens mendiaient des morceaux de pain dans les maisons et les revendaient au marché. J'achetais ces bouts de pains durs et rassis. Ils étaient si durs que je devais les tremper dans l'eau pour les ramollir avant de les donner à mes enfants.
Un jour, j'étais en chadri (burqua) mais à cause de mon asthme, j'avais découvert mon visage. Je faisais affaire avec un boutiquier quand soudain deux Taliban sont apparus et, sans même me dire un mot, ont commencé à me fouetter.
Un autre jour, alors que j'étais si fatiguée de porter les bidons d'huile et que mon visage était encore une fois dévoilé, deux Taliban sont arrivés et m'ont battu à coups de fouet. Comme ça, j'ai passé cinq ans sous ce régime à subir difficultés et déceptions. Maintenant, après avoir reçu tant de coups, je ne peux plus travailler. Mon mari lui est trop vieux. Il ne reste plus que mon fils qui travaille dans la rue et fait vivre la famille.


