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Le Blog

  • Quelques images de Demazahang 11:33 (GMT) - 20.07.2010

    Bonjour,

    Aujourd"hui, un très court post afin de vous donner le lien d'un reportage d'une durée de 5 minutes tourné il y a peu au sein du centre de Demazhang par Natalie Carney, une journaliste canadienne.

    C'est en anglais, son commentaire fait état de la situation des enfants des rues en Afghanistan et présente notre centre,…

Enfants des rues

Une définition afghane des enfants des rues

La définition "habituelle" des enfants des rues traite d'enfants vivant dans la rue et de la rue. Ces dernières années, cette définition s'est étendue à ceux vivant en bande, pratiquant le vol, parfois armé, et ayant un recours identifié aux drogues. En Afghanistan, de tels enfants des rues n'existent quasiment pas, au sens où ils sont rares à ne pas avoir un toit pour la nuit. Quant aux enfants soldats, leur démobilisation et leur réinsertion, dans les provinces du Sud et de l'Est, semble suivie d'effets.

Cependant, les enfants qui travaillent, à Kaboul, passent 10 heures par jour à arpenter les rues en pratiquant la moindre activité qui puisse leur rapporter les quelques sous qu'ils offriront à leurs proches de retour dans leur foyer. Signe d'une paupérisation grandissante, on trouve aujourd'hui de plus en plus de petites filles en train de mendier alors que, jusqu'à présent, les familles tentaient au maximum de préserver celles-ci de la rue...

Ramasseurs de papiers, de cartons, vendeurs d'œufs, porteurs d'eau, laveurs de voiture, cireurs de chaussures... les enfants rencontrés dans les rues de Kaboul luttent pour leur survie et celle de leur famille et ils en assument les conséquences : absence d'éducation ; maladies à répétition liées à la pollution et aux températures extrêmes (jusqu'à 40° l'été et - 20° l'hiver), inexistence d'hygiène ; coups et moqueries des adultes ; vol et insécurité où la police est plus à craindre qu'à remercier ; peur du lendemain... Ce sont çà la réalité des enfants des rues de Kaboul.

A l'origine de la marginalité sociale des enfants, on trouve habituellement l'éclatement de la cellule familiale et du même coup celui des valeurs et références. En Afghanistan, bien que des milliers d'enfants se soient retrouvés orphelins, la culture afghane, ayant l'Islam pour pilier, donne pour devoir aux familles de recueillir et d'aider les enfants de leurs proches. Dans la réalité, le sens de ce terme est même très large. Si ce sont très majoritairement les oncles et tantes au 1er degré qui recueillent les enfants, il n'est pas rare de voir des orphelins recueillis par des personnes qui n'ont avec eux d'autre lien que d'être issus du même village.

Pour cette raison, les enfants travaillent, passent des heures dans les rues et espèrent contenter la personne dont ils sont à la charge. Ils ont en eux, comme tous les afghans, cette fierté qui leur donne pour devoir de rembourser leur dette jusqu'à ce qu'enfin ils puissent subvenir à leurs propres besoins...

Le travail des enfants des rues

Pour les pères de famille qui ont un emploi, celui-ci est le plus souvent difficile et peu rémunéré : marchand ambulant, porteur, ouvrier, cultivateur, etc. Pour les autres, un chômage endémique ou un handicap physique - conséquence des guerres - suffisent à les tenir éloignés de toute source de revenus.

Pour des raisons culturelles, les mères ne travaillent quasiment jamais à l'extérieur. Réduites aux tâches ménagères et à l'éducation de leurs enfants, confinées entre quatre murs, les plus pauvres d'entre elles lavent des vêtements pour le compte de familles plus aisées, travaillent dans des boulangeries pour quelques grammes de farine ou quêtent.

Dans ce contexte, l'enfant est donc un vecteur économique important. C'est à lui que revient souvent la charge de nourrir un foyer - surtout dans le cas des familles monoparentales - en allant dans la rue effectuer de menus travaux ou mendier.

Ces 'petits boulots' sont difficiles et mal payés. Vendeur d'eau, de sachets plastiques, de cigarettes, d'allumettes ou d'œufs, cireur de chaussures, laveur de voitures, rabatteur pour taxi, employé de boulangerie ou de boutique, tels sont les emplois les plus fréquents des garçons. Pour accomplir ces tâches, ils passent de nombreuses heures à marcher au soleil pour un revenu journalier compris entre 5 et 50 afghanis (pour référence, un pain coûte 4 afghanis), la moyenne tournant autour de 20/30 afghanis soit 0,5€ par jour.

Les filles, à partir de 10 ans ne travaillent plus dans la rue, sauf cas extrême où elles ne peuvent faire autrement que de mendier avec leur mère. Par contre, beaucoup pratiquent des activités rémunérées à la maison, comme la couture ou la broderie, et toutes accomplissent des tâches domestiques pénibles : corvée d'eau, de bois et de papier, cuisine, vaisselle, lessive et prise en charge des plus petits pour des familles toujours nombreuses.

Bien que l'école publique soit gratuite, des critères économiques évidents empêchent les familles vivant dans des conditions d'extrême pauvreté d'envoyer leurs enfants à l'école :

Les enfants ont besoin de travailler afin d'assurer un complément de revenus à leur famille

Ils doivent aussi, à la maison, décharger leurs parents de certaines corvées.

L'achat de fournitures scolaires est une dépense non vitale que certaines familles ne peuvent se permettre ou refusent d'engager.