French (Fr)English (United Kingdom)
Accueil > Le Contexte > Enfants des rues

> Faire un don

Afghanistan Demain est soutenu par

Logo Agence française de développement

 

Le Blog

  • Portrait d'Asina

    17 Apr 2013 | 11:02 am

    Portrait d'Asina AsinaAsina a 14 ans et rêve d’une vie confortable et agréable.Sa famille  a émigré dans la province de Maidan Wardak, dans le centre de l’Afghanistan, lors des guerres civiles.Aujourd’hui, tous  vivent à Dahmazang, ce  quartier de Kaboul situé dans les montagnes qui coupent la[…]

    Lire la suite...
  • The Eyes of a People - Le Regard d'un peuple - Par Delphine Renou

    10 Apr 2013 | 3:30 pm

    The Eyes of a People - Le Regard d'un peuple - Par Delphine Renou Aujourd'hui, nous vous proposons de découvrir le magnifique travail de Delphine Renou, photographe et reporter vidéo. L'an passé, elle s'est rendue en Afghanistan avec l'ONG Mère pour la paix. Ce film ne relate pas uniquement les actions d’une ONG mais il met[…]

    Lire la suite...

Enfants des rues

Une définition afghane des enfants des rues

La définition "habituelle" des enfants des rues traite d'enfants vivant dans la rue et de la rue. Ces dernières années, cette définition s'est étendue à ceux vivant en bande, pratiquant le vol, parfois armé, et ayant un recours identifié aux drogues. En Afghanistan, de tels enfants des rues n'existent quasiment pas, au sens où ils sont rares à ne pas avoir un toit pour la nuit. Quant aux enfants soldats, leur démobilisation et leur réinsertion, dans les provinces du Sud et de l'Est, semble suivie d'effets.

Cependant, les enfants qui travaillent, à Kaboul, passent 10 heures par jour à arpenter les rues en pratiquant la moindre activité qui puisse leur rapporter les quelques sous qu'ils offriront à leurs proches de retour dans leur foyer. Signe d'une paupérisation grandissante, on trouve aujourd'hui de plus en plus de petites filles en train de mendier alors que, jusqu'à présent, les familles tentaient au maximum de préserver celles-ci de la rue...

 

 

 

 

 

Garçon Ferrailleur. Crédit Photo : Chien-Min Chung 

 

Ramasseurs de papiers, de cartons, vendeurs d'œufs, porteurs d'eau, laveurs de voiture, cireurs de chaussures,... les enfants rencontrés dans les rues de Kaboul luttent pour leur survie et celle de leur famille et ils en assument les conséquences : absence d'éducation ; maladies à répétition liées à la pollution et aux températures extrêmes (jusqu'à 40°C l'été et -20°C l'hiver) ; inexistence d'hygiène ; coups et moqueries des adultes ; vol et insécurité où la police est plus à craindre qu'à remercier ; peur du lendemain... Ce sont çà la réalité des enfants des rues de Kaboul.

A l'origine de la marginalité sociale des enfants, on trouve habituellement l'éclatement de la cellule familiale et du même coup celui des valeurs et références. En Afghanistan, bien que des milliers d'enfants se soient retrouvés orphelins, la culture afghane, ayant l'Islam pour pilier, donne pour devoir aux familles de recueillir et d'aider les enfants de leurs proches. Dans la réalité, le sens de ce terme est même très large. Si ce sont très majoritairement les oncles et tantes au premier degré qui recueillent les enfants, il n'est pas rare de voir des orphelins recueillis par des personnes qui n'ont avec eux d'autre lien que d'être issus du même village.

Pour cette raison, les enfants travaillent, passent des heures dans les rues et espèrent contenter la personne dont ils sont à la charge. Ils ont en eux cette fierté, caractéristique des Afghans, qui leur donne pour devoir de rembourser leur dette jusqu'à ce qu'enfin ils puissent subvenir à leurs propres besoins...

Le travail des enfants des rues

Pour les pères de famille qui ont un emploi, celui-ci est le plus souvent difficile et peu rémunéré : marchand ambulant, porteur, ouvrier, cultivateur, etc. Pour les autres, un chômage endémique ou un handicap physique - conséquence des guerres - suffisent à les tenir éloignés de toute source de revenus.

Pour des raisons culturelles, les mères ne travaillent quasiment jamais à l'extérieur. Réduites aux tâches ménagères et à l'éducation de leurs enfants, confinées entre quatre murs, les plus pauvres d'entre elles lavent des vêtements pour le compte de familles plus aisées, travaillent dans des boulangeries pour quelques grammes de farine ou quêtent.

Dans ce contexte, l'enfant est donc un vecteur économique important. C'est à lui que revient souvent la charge de nourrir un foyer - surtout dans le cas des familles monoparentales - en allant dans la rue effectuer de menus travaux ou mendier.

Petite fille travaillant à l'usine. Crédit Photo : Chien-Min Chung.

 

 

 

 

 


 

Ces 'petits boulots' sont difficiles et très mal payés. Les plus nombreux sont vendeurs d'eau, de sachets plastiques, de cigarettes, d'allumettes ou d'œufs, cireurs de chaussures, laveurs de voitures, rabatteurs pour taxi, employés de boulangerie ou de boutique. D'autres sont ferrailleurs, mécaniciens, réparateurs, employés de briqueteries. Pour accomplir ces tâches, ils travaillent dans de très mauvaises conditions, sont exposés au bruit, à la chaleur, aux maladies et aux dangers de la rue (drogue, harcèlement sexuel, etc) pour un revenu journalier compris entre 5 et 50 afghanis (pour référence, un pain coûte 4 afghanis), la moyenne tournant autour de 20/30 afghanis soit 0,50€ par jour.

Les filles, à partir de 10 ans, ne travaillent plus dans la rue, sauf cas extrême où elles ne peuvent faire autrement que de mendier avec leur mère. Par contre, beaucoup pratiquent des activités rémunérées à la maison, comme la couture ou la broderie, et toutes accomplissent des tâches domestiques pénibles : corvée d'eau, de bois et de papier, cuisine, vaisselle, lessive et prise en charge des plus petits pour des familles toujours nombreuses.

Bien que l'école publique soit gratuite, des critères économiques évidents empêchent les familles vivant dans des conditions d'extrême pauvreté d'envoyer leurs enfants à l'école :

Les enfants ont besoin de travailler afin d'assurer un complément de revenus à leur famille

Ils doivent aussi, à la maison, décharger leurs parents de certaines corvées.

L'achat de fournitures scolaires est une dépense non vitale que certaines familles ne peuvent se permettre ou refusent d'engager.