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Concert de soutien à Afghanistan Demain
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Le mardi 23 juin au soir, l'AMCJS donnera un concert de musique classique en l'église Notre Dame de Passy, en soutien à Afghanistan Demain. L'occasion, ici, de…
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Interview
Barmak Akram, réalisateur du film "L'Enfant de Kaboul"
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"Si j'ai choisi de parler d'Afghanistan Demain, c'est parce que c'est une ONG qui fait du bon travail. Et aussi pour montrer que les orphelins des rues dont Serge de Beaurecueil s'est occupé pendant vingt ans, sont toujours là et qu'ils ont toujours besoin d'aide."
Le premier long métrage d'un documentariste |
Auteur de nombreux documentaires sur la culture afghane, Barmak Akram signe avec «L'Enfant du Kaboul» son premier long métrage. Comme beaucoup de jeunes afghans, il a fui son pays en 1981 après son invasion par les troupes soviétiques. Diplômé de l’école de cinéma la Femis, des Beaux Arts de Paris et des Arts-déco, il est aussi plasticien, musicien, interprète et compositeur. |
Depuis quelques jours, « L’Enfant de Kaboul » est à l’affiche. Ce film à la fois drôle et émouvant reçoit un bon accueil tant de la critique que des spectateurs. A mi-chemin entre la fable (« Trois hommes et un couffin ») et le documentaire, il donne une vision très picaresque du Kaboul d’aujourd’hui. On y croise, entre autres, une ONG du nom de… Afghanistan Demain. A la veille de son départ pour le Festival de San Francisco, le réalisateur Barmak Akram a répondu aux questions de Fabrice Paté, le directeur d’Afghanistan Demain.
Comment est né « L’Enfant de Kaboul » ?
Je travaille sur ce film depuis 2004. Mais je le porte depuis plus longtemps. Je me rends fréquemment à Kaboul pour y réaliser des documentaires. En observant les gens et la lente reconstruction de la ville, je me suis dit que c’était un formidable cadre pour raconter une histoire de l’après-guerre au travers de trajectoires individuelles. C’est comme cela que me sont venus le personnage du conducteur de taxi et celui de la femme voilée qui « oublie » son bébé sur la banquette arrière. Mais le rôle principal du film, c’est Kaboul, avec son rythme incroyable et ses cicatrices. Dans cinquante ans, ce film constituera un témoignage fidèle du Kaboul des années 2000.
Les acteurs ne sont pas professionnels. Où les avez-vous trouvés ?
Le casting s’est fait à l’occasion de rencontres. Par exemple, le petit garçon qui vend des allumettes, je l’ai croisé sur Chicken Street, l’artère commerçante de Kaboul. Je lui ai donné un billet et comme je refusais de prendre ses allumettes, il m’a répondu : « Si tu ne veux pas de mes allumettes, alors tu reprends ton billet : je ne suis pas un mendiant ! » Cette personnalité m’a plu, alors je l’ai intégrée au film.
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Quand Khaled trouve un nouveau-né dans son taxi | ||
Dans l'immense tohu-bohu de Kaboul, un chauffeur de taxi, Khaled, prend en charge une femme et un bébé. Quand la cliente voilée quitte la voiture, surprise : le bébé est là, abandonné sur le siège arrière. Le film raconte trois jours de leur histoire, de ce destin qui a mis entre les mains de Khaled une jeune vie inconnue, dont il veut d'abord se débarrasser et dont il se sentira de plus en plus responsable. Avec AlloCiné. Site du film : L'Enfant de Kaboul |
Pourquoi avoir choisi Afghanistan Demain parmi toutes les ONG présentes à Kaboul ?
J’ai connu Serge de Beaurecueil, le dominicain qui a inspiré l’action d’Afghanistan Demain, lorsqu’il vivait à Kaboul. Le film fait d’ailleurs allusion à l’un de ses livres, « Mes enfants de Kaboul ». Au lycée français d’Esteqlal, où Serge enseignait, sa présence était si douce et aimante qu’on faisait exprès de tomber pendant les récréations pour se faire soigner par lui ! Par la suite, j’ai partagé avec lui une passion pour le soufisme. Puis j’ai connu Ehsan, le fondateur d’Afghanistan Demain, qui poursuit l’œuvre de Serge. Si j’ai choisi votre ONG, c’est parce qu’elle fait du bon travail – ce qui n’est pas le cas de toutes. Et aussi pour montrer que les orphelins des rues, dont Serge s’est occupé pendant vingt ans, sont toujours là et qu’ils ont toujours besoin d’aide.
Le film a-t-il été présenté à Kaboul ?
Oui, il a reçu l’autorisation de sortie et a déjà été projeté. Dans les salles, les gens riaient et applaudissaient, ravis de reconnaître leurs quartiers, les boutiques, des passants.
Peut-on parler de renouveau du cinéma afghan ?
Certainement, car le cinéma joue un rôle essentiel dans le moment que nous traversons. Il soigne l’âme en extériorisant nos souffrances. Il ressoude notre identité, dans toutes ses composantes. Mon film n’est pas pachtoun, panjshiri ou de toute autre ethnie. Il les englobe toutes : il est afghan. Ensuite, le cinéma c’est une industrie, un creuset d’emplois. Le tournage de « L’Enfant de Kaboul » a fait vivre plus de 100 personnes pendant un an. Enfin, l’Afghanistan, avec son passé, ses guerres et ses résistances est un inépuisable réservoir d’histoires pour des milliers de films.
Le film a-t-il été bien reçu au niveau international ?
Oui, il a été acheté par une vingtaine de pays. Au Festival de Venise, en 2008, j’ai succédé à Ken Loach dans la catégorie « Prix des droits de l’homme ». C’est un grand honneur. De même, en Iran, au Festival international de l’Orient, nous avons eu les prix du meilleur réalisateur. Demain, je m’envole pour le 52e Festival international de San Francisco où je croiserai Robert Redfort et Francis Ford Coppola !
On te retrouve peut-être avec une nouvelle récompense le 16 mai prochain ?
Qui sait ? En tout cas, rendez-vous à Paris le 16 mai au « Lieu dit », un restau sympa du XXe arrondissement. On y projettera « Les Clowns de Kaboul », Afghanistan Demain sera là et on jouera de la musique. Ce sera une belle occasion de nous rencontrer.
Rencontre avec Barmak Akram le 16 mai à Paris | |
Le 16 mai prochain, Afghanistan Demain vous invite à une rencontre avec le réalisateur Barmak Akram et plusieurs autres personnes qui ont participé à cette aventure. Vous pourrez échanger avec eux dans une ambiance conviviale. Toutes les infos sur notre blog |



